Journal de bord

26 juin 2007, CANADA

Du Canada, je vous écris enfin! Désolé pour le long moment… Il me fait plaisir de vous confier que mon retour se déroule très bien. Que de belles retrouvailles et un long séjour en campagne qui m’a permis de prendre du recul et me réadapter tranquillement à mon propre pays. Pour clore la série de reportages du Projet Canada-Afrique, un dernier reportage vidéo sera produit en septembre en collaboration avec quelques classes de la région de Mont Laurier, au Québec. D’ailleurs, j’ai déjà eu la chance d’aller en camping avec deux classes de cinquième année et ce fut inoubliable. Merci à Michel Brunet et à toute l’équipe.

Finalement, vers avril 2008, nous partirons en tournée de conférences pour rencontrer les jeunes dans les écoles et les centres culturels. Nous désirons évaluer l’impact du projet chez nos auditeurs tout en leurs permettant de nous rencontrer en personne. Pour nous c’est primordial et nous croyons que cela sera un moment d’échange formidable et inoubliable. Nous voulons au plus profond de nos cœurs que les jeunes s’associent à nous en tant que citoyennes du monde ayant autant de possibilités qu' eux. Oui, c’est drôlement dit mais nous voulons que les jeunes et moins jeunes prennent confiance en eux et se disent que nous tous pouvons réaliser des projets qui nous tiennent à cœur peu importe la mission.

En guise de fin, j’espère que vous avez aimé suivre notre périple et nous vous remercions de nous avoir lu en si grand nombre. Pour ceux et celles qui sont intéressés à nous recevoir en conférence, vous pouvez nous contacter par Internet ou par téléphone aux coordonnées suivantes :
Courriel: latraversee2006@yahoo.fr
Tél.: 514-954-0308 ou 514-388-0205

à plus!
Annie et Marie-Pierre, les amoureuses de l’aventure!




12 juin 2007, CAP-VERT

Bonjour à vous!
En se qui me concerne, j'ai choisi de prolonger ce périple de quelques mois, au Cap-Vert puis en France. En fait, depuis le départ d'Annie, qui confirma la réussite du projet Canada-Afrique, j ai décidé de prendre des vacances loin de chez-moi. Voyager en vivant bien le moment présent sans trop penser à l'avenir! Je réalise que j'ai vraiment besoin de ce repos car, en toute honnêteté, ce grand voyage ne fut pas toujours facile. Particulièrement, en Afrique de l'ouest, il faut travailler extrêmement fort pour arriver à ce que l'on désire. Alors je profite de ces derniers moments au Cap-Vert pour faire le point sur cette expérience et ce que je suis devenue maintenant. Mais une chose est sure, le 15 juin je quitterai officiellement le continent, le coeur léger, satisfaite d'avoir connu l'Afrique et d'avoir cru en mes rêves.
Marie-Pierre




15 mai 2007, CAP-VERT

15 mai 2007 Quel étrange sentiment a-t-on lorsque l’on anticipe un retour dans notre pays? Après avoir passé tant de temps à rêver, à travailler et à vivre ce grand périple voilà que c’est la fin. Un retour comme un départ, ça se prépare en parole et en action mais réellement dans notre tête, on ne le réalise jamais assez pour que les choses se déroulent sans émotions et sans pétillements dans notre cœur. Ah! Je suis présentement à l’aéroport de Dakar de retour du Cap Vert en direction de mon chez nous à moi, au Canada. Je rentre seule, Marie-Pierre reste sur le continent. C’est très étrange de laisser « ma collègue » car ça fait tellement longtemps que je fais tout avec elle. C’est ainsi. Je lègue ma place à Francis Paris, logisticien du Projet Canada-Afrique à Montréal, pour les derniers milles.

Pour faire une courte conclusion, je suis personnellement très contente de rentrer chez moi. Ma mission ici est accomplie. Malgré tous les bouleversements, les changements de dernières minutes et un retour précoce, je suis très enjouée de remettre les pieds dans mon pays. Malgré le fait que je n’ai pas tellement visité le Cap Vert , j’ai eu la chance de me reposer, chose primordiale avant de rentrer chez soi, et de vivre une expérience hors pair. Singulièrement, je redécouvrirai le Cap vert du Canada grâce aux écrits et aux photos de mes deux collègues.
C'est vrai que maintenant nous pouvons vous confirmer que cette Traversée de l’Afrique est terminée.

Annie




2 mai 2007, CAP-VERT

Bonjour à tous!

Cela fait maintenant deux semaines que je suis au Cap Vert. Comme Marie fait le montage du dernier reportage en campagne, j'ai decidé de la quitter la campagne pour aller chez une amie dans la capitale où ça bouge un peu plus. Suite à une montée en montagne, j'ai le derrière d'un pied blessé, ça me fait très mal... ce qui fait que je minimise mes déplacements.

Sinon, eh bien je commence à vivre un grand détachement envers le projet Canada-Afrique. Comme la vie fait bien les choses! Notre itinéraire est pensé pour éviter les trop grands chocs culturels. En effet, le Cap-Vert, pays semi industrialisé, me ramène vite dans le monde qui ressemble au mien. Ici, les gens vivent avec beaucoup plus de moyens. Les habits, la nourriture, les maisons, le matériel, les voitures, tout! Par contre, je sens toujours l'Afrique quand je vois le rythme de vie. Même que, quelques fois j'ai l'impression que c’est encore plus lent que les pays que j'ai antérieurement visités. Les Cap Verdiens n'ont pas trop de pression vu leur solitude loin des autres pays.

Ce rythme me laisse donc amplement le temps d'explorer cette culture si différente de celles que j'ai connues les derniers mois. J'observe et je vis les derniers moments sur ce continent si mystérieux.

Je vous reparle sous peu.
Annie




1 mai 2007, CAP-VERT

Mes chers amis,

Pardonnez- moi pour cette négligence envers vous, mais sachez que le voyage est bien souvent une suite d’événements inattendus et incontrôlables, qui nous empêchent de donner des nouvelles, mais peu importe, nous sommes bel et bien en vie, au Cap-Vert.

Eh oui, la destination finale du projet Canada-Afrique est enfin atteinte.

Par contre, cela n’a pas été facile de s’y rendre. En deux semaines, nous avons parcouru en transport en commun le Burkina Faso, le Mali et le Sénégal. Nous sommes même allées jusqu’en Guinée-Bissau pour prendre un bateau qui finalement n’existait pas… Retour à Dakar, pour pendre l’avion, qui lui s’est vu coûter 2 fois le prix que l’on pensait payer.

Résultat, on atterrit ici, bien contentes, soulagées, mais sans vous le cacher, avec presque plus un sous en poche pour les 2 prochains mois… Précisons que le coût de la vie du Cap-Vert est beaucoup plus élevé que les pays d’Afrique de l’Ouest.

Mis à part cela, le Cap-Vert se veut pour Annie et moi, un incroyable dépaysement. Cet archipel d’îles situées à 455 Km de la côte Sénégalaise, fut découvert par les Portugais, il y a de cela quelques siècles. Ici ce n’est pas l’Afrique que j’ai connue ces 7 derniers mois. C’est un agréable mélange de plusieurs cultures ayant une forte influence latine, ainsi que de paysages à couper le souffle et de magnifiques personnes.

Cette nouvelle aventure s’annonce donc des plus prometteuses!

Au plaisir
MP




9 avril 2007, BURKINA FASO

Bonjour tout le monde !!!

Eh oui, comme d’habitude on a repris la route. Comme nous aimons l’aventure de terrain, nous avons décidé de refaire tous les KM entre le Burkina Faso et le Cap-Vert. En passant, le Cap Vert est un rassemblement de 12 petites îles au nord-ouest du Sénégal.

Ainsi, nous sommes présentement de passage à Bamako. Nous avons eu la chance de revoir nos amis et collègues de travail qui nous ont grandement aidées dans la production du reportage Passage des enfants. De plus, hier, nous avons diffusé notre reportage. Quel plaisir de faire voir aux gens notre travail. C’est à ce moment précis que les gens réalisent vraiment ce qu’on fait !

En terminant, Marie et moi avons eu l’heureuse chance d’être en ville en même temps que le festival Bamako-Paris, organisé par les chanteurs hors-pairs AMADOU ET MARYAM. C’était génial ! Vive la bonne musique !

Allez ! On vous laisse et nous vous reparlerons de Dakar ou de Praia, la capitale du Cap-Vert.

À bientôt !
Annie Et Marie-Pierre




Ouagadougou, mars 2007, BURKINA FASO

RECHERCHE UNE CORRESPONDANTE COMME MA MAMAN

Aujourd’hui, j’ai reçu une jolie lettre de la part de la sœur de la femme qui m’héberge depuis plus de deux semaines. Je vous cite :

"Bonjour chère Annie,
C’est avec un cœur plein de joie que je me suis mise à table pour t’écrire cette lettre.

Tout d’abord, mes salutations les plus sincères. Je m’appelle Alima Cissé et j’ai 18 ans. Je suis une orpheline de mère. J’ai perdu ma maman quand j’avais un mois trois jours. Maintenant, j’aimerais avoir une correspondante qui pourrait être comme ma maman.

Je suis une élève, je fais la 4ème. Mon plat préféré est les haricots verts. J’aime le sport, l’école et l’écriture.

Au plaisir d’avoir de tes nouvelles. J’espère trouver une correspondante bientôt.

Alima dit Molly"

à celles qui sont intéressées de correspondre, allez-y! Les jeunes d’ici sont très motivés à connaître notre mode de vie occidental.

à bientôt,
Annie ;)




Le 2 avril 2007, BURKINA FASO

Non, mais là j’en ai marre! Il fait tellement chaud. Je sue à un rythme qui ne cesse de faire ruisseler la sueur sur mon corps. J’ai beau aimer la chaleur, mais il y a quand même une limite. Je suis en pleine Afrique subsaharienne à la période où la température atteint ces températures maximales! Ouuullllllleeeeee!!! Ces instants me font soudainement rêver à nos frisquets petits matins de printemps… Sans parler du facteur humidex y doit ben faire 45 au soleil tapant.




Le 29 mars 2007, BURKINA FASO

Ça y est, je suis de retour à la civilisation urbaine.

Les deux dernières semaines furent expérimentalement parlant hyper enrichissantes et je suis tellement fière de les avoir vécues. 14 jours à vivre avec le stricte minimal dans un milieu intègre et sauvage à la fois.

Lorsque j’ai quitté la ville, après trois mois de galère, je ne m’attendais pas à me retrouver dans un lieu si reculé. Tellement, que lorsque je me suis aperçu qu’il n’y avait pas d’électricité et d’eau courante, j’ai commencé à stresser. Vivre dans ces petites cases à toits de paille et de couleur terre m’a soudainement effrayée. Comme si je n’étais pas apte à vivre dans ce milieu… La petite femme campagnarde et sauvage en moi est apparue et, comme un caméléon, je m’y suis rapidement adaptée. Quel soulagement à bien y penser!

Tengréla est un petit village parmi des centaines d’autres dans la région de Banfora, au sud-ouest du Burkina Faso. Cette région a un sol très riche et un climat chaud et humide ce qui permet d’exploiter un grand nombre de ressources agricoles. Comme moi, vous êtes au courant qu’une grande partie du sucre, du coton et du riz sont produits en Afrique. Alors voilà, j’avais les deux pieds dedans!

Aux premiers abords, je l’ai trouvé dur. Ah oui! J’en avais mal au cœur. J’étais dégoûtée. Quant on pleure les coupes à blanc du Canada, ici on veut pleurer pour ces habitants qui travaillent tellement fort et qui sont si peu récompensés. Les grands-parents, les hommes, les femmes et les enfants connaissent l’endurance physique et, définitivement, leurs traits corporels savent nous le prouver. J’ai l’impression que ces êtres ont la peau deux fois plus épaisse que la mienne tellement ils sont solides!

Les premiers jours ont été enrageants. En discutant, en observant et en allant sur le terrain, j’ai découvert ce qui tenait debout ces grands hommes. L’amour de vivre, l’amour envers la terre, l’amour envers leurs proches, l’amour des anciens et des prochains. Cette simple réalité est celle que j’ai personnellement déduite et celle qui me donne envie de vivre d’avantage. Ces hommes sont tellement en harmonie avec eux-mêmes et connectés avec leur environnement… C’est là que j’ai compris qu’ils étaient bien à leur manière malgré la pauvreté matérielle qui règne autour d’eux.

Quand je pense aux lampes de poche qui sont arrivées il y a à peine une dizaine d’années, à mon ami Laso qui m’a amenée installer des filets de pêche dans ce lac où nagent environ 80 hippopotames ou encore lorsque j’ai dû enlever mes sandales pour replanter un petit champs entier à la main. Ici, les machines sont comme des petits luxes, ça fait spécial les premiers temps…

Ainsi, je ne vous cache pas que l’idée de voir les Africains se révolter m’est venue à l’idée. Je souhaite que babylone (les pays mondialement exploiteurs) cessent de prendre pour acquis ces ressources et qu’ils payent enfin le prix équitable de toutes ces merveilleuses ressources nécessaires à la survie des êtres humains.

Mon séjour, je l’ai finalement apprécié et je crois que j’ai su bien en profiter. Penser c’est bon mais on doit aussi savoir simplement vivre. J’ai donc enfin dansé, joué de la musique avec une bande de troubadours à grands coeurs, jardiné, jonglé avec le feu, transmis et reçu des nouvelles informations, diffusé mes reportages à ceux qui ne comprennent rien de mon travail, cuisiné sur le charbon des mets canado-africains et me reposer. Faut dire que la chaleur, en mars c’est le top de toute l’année, a bien réussi à ralentir mon rythme de vie…

La vie est si généreuse lorsqu’on s’ouvre à recevoir.

Merci encore une fois.
à la vie!

Annie J




Le 22 mars 2007, BURKINA FASO

Bon, après un repos bien mérité au Lac, je me suis vue obligée de partir vers la ville. En période de montage, vous comprendrez qu’il m’était impossible de travailler sans électricité courante. J’ai donc quitté Annie pour la première fois en 6 mois pour me rendre à Bobo, deuxième ville du Burkina Faso. Ici, je loge dans la petite maison vide qu’un ami m’a prêtée. C’est calme et parfait pour l’inspiration.

Alors je vous invite à regarder les photos du village et du lac dans la galerie.

à bientôt.
Mp




Le 18 mars 2007, BURKINA FASO

Permettez-moi de vous mettre en contexte...
Depuis la mi-décembre nous voyageons dans les plus grandes villes du Mali et du Burkina (Bamako-Ouagadougou-Bobo). Après 3 mois de vie citadine, vous comprendrez que l’on avait besoin de connaître une face plus intègre de l’Afrique. Pour la période de montage du prochain reportage (celui sur la coopération volontaire), on voulait être plus retirées du monde.On se retrouve donc au Lac Tengrela, village de 4000 têtes, 60 hippopotames, des centaines de petites huttes de terre et plusieurs champs de riz, de sucre, de coton et de légumes. Ici pas d’eau courante, ni même d’électricité. Chose à laquelle nous n’étions point habituées. Par chance le campement où on loge possède une génératrice qui fonctionne de 19 heures à minuit. Plus pratique pour faire du montage vidéo, mais demande une certaine adaptation.

Je vous avoue, je vis un choc culturel ici, je sens beaucoup plus le cœur de l’Afrique et ça me fait du bien. Plus près et plus similaire à ce que je recherchais sur ce continent.

Enfin, tout cela pour dire qu’ici au lac, je me sens vraiment comme en camping, de retour à l’essentiel avec, le soir, des dizaines de paires d’yeux qui me regardent travailler à l’ordi. Particulier,mais oui, ici, il y a des gens encore assez intègres pour se donner corps et âme à leur terre, à leurs champs et qui, le soir venu, se réunissent pour jouer de la musique ou pour regarder la télé encore plus petite que mon ordi…

Si Dieu le veut, on restera donc 2 semaines ici. Question de reprendre des forces et de s’inspirer un peu plus.
MP




Le 1er mars 2007, BURKINA FASO

J’ai oublié de vous annoncer que nous sommes présentement (et ce depuis la mi-février) au Burkina Faso. En effet, notre itinéraire s’est modifié dû à un manque de fond et une instabilité politique en Afrique de l’Est. Annie et moi passerons donc le reste du voyage au Burkina Faso et au Cap-Vert.

Je vous invite à consulter la galerie photo pour les premières photos du Burkina!

à plus
MP




Mali : le sport extrême du quotidien

Avez-vous déjà voyagé ?

Bien sûr, je vous parle de quelque chose où les réalités n’ont pas de quoi blaser. Plutôt de quelque chose où, quotidiennement, les différences culturelles sont tellement grandes qu’il y a toujours des surprises frappantes et, parfois, déboussolantes...

Après 5 mois d’exploration continue en pleine Afrique, il est temps de vous emmener, l’espace de quelques instants, dans ma réalité quotidienne. Notez que je suis à Bamako, la capitale du Mali, depuis presque 2 mois. Notez aussi que c’est l’une des régions les plus pauvres du monde.

Pour ne mentionner que quelques détails marquants de mon quotidien, j’ai choisi pour vous quelques trucs à ne pas négliger quand on est au Mali.

La nourriture
MON BUDGET: 4,00$/jour

Les plats principaux sont très rudimentaires et répétitifs ici. Généralement, les repas sont à base de riz ou de mil et sont accompagnés d’une sauce claire, à base de feuilles ou d’arachides… Tout dépendamment du lieu et de mes capacités budgétaires, il y aura de la viande, du poisson ou, mieux encore, des légumes. Quant aux petits déjeuners, je suis bien servie lorsque je mange du bon mil arrosé de lait caillé (yaourt), avec un bon morceau de pain séché au soleil. Par chance, il y a des fruits pour accompagner le tout !

Au Mali, j’ai vraiment été initiée à la méthode » mange avec ta main «. Non, non, non, surtout pas n’importe laquelle ! Parce qu’en Afrique, j’ai aussi appris à aller aux toilettes en utilisant de l’eau et ma main gauche. Assurément, ça paraît évident, j’utilise la droite pour manger. Alors, dans un grand bol, nous mangeons tous ensemble. Mon record, jusqu’à aujourd’hui, est 14 adultes dans le même plat. En passant, même s’il n’y a pas d’assiette, il est toujours plus poli de rester dans l’espace devant nous dans le bol.

La température
TEMPÉRATURE MOYENNE ACTUELLE (JOUR): 45°C

Ça y est, l’hiver africain est bel et bien terminé. Un mois plus tôt que la normale, une des conséquences des changements environnementaux, les nuits à moyenne de 20°C ont soudainement été remplacées par celles de 30 ou 35°C. » Ce n’est rien, attends en mars ou en avril, là il fera chaud « me répètent constamment mes collègues maliens.

De fait, je commence à comprendre le rythme des mouvements et des habitudes africaines. Plus question, en tous cas le moins possible, de me sortir le nez dehors entre 12 h et 16 h car cela engendre une fatigue garantie pour le reste de la journée. D’ailleurs, les caméras et le matériel ont déjà montré des signes de faiblesse. Qu’en sera-t-il à 50°C ?

Le temps et les salutations

« Ici, il est plus respectable de prendre le temps de faire les salutations et d’arriver en retard à un rendez-vous que de ne pas saluer et d’arriver à l’heure. »

Un principe à ne pas négliger est bel et bien de saluer les gens pour entrer en contact avec eux. Oui, ça peut parfois me prendre 5 minutes, mais cela est nécessaire pour faciliter la communication. Même si je ne sais pas parler la langue locale, je peux facilement répéter » ça va « et bafouiller quelques mots comme » et la famille, les affaires, la santé ? «. Ainsi, le tour est joué et, de cette manière, les locaux me perçoivent comme étant une personne désirant m’intégrer culturellement parlant.

Rapidement, je me suis rendue compte que lorsque je précipite les affaires ou que, simplement, je tente de réaliser quelque chose de concret, ça ne fonctionne jamais comme prévu. Quand je pense aux tournages ratés qui étaient, inconsciemment, trop conçus à l’occidentale ou, encore, aux rendez-vous que j’ai failli manquer parce que je n’attendais pas assez longtemps…

Transports

PRINCIPE GéNéRAL : On remplit le véhicule, ensuite on pense à voyager.
NOTE : Vu mon petit budget, j’utilise les transports en commun comme les taxis 7 places, les cars rapides (boîtes à savon ambulantes et polluantes qui accueillent plus de 36 personnes), ou les petites vanettes Toyota 1970 (19 places).

C’est généralement assise dans un » bus « que j’ai l’occasion de m’évader dans mes pensées et de philosopher. Quand j’y pense, ça me ramène tellement aux valeurs de bases… Ces moments, souvent très longs, me rappellent le pays et l’environnement dans lesquels je vis.

Avec du recul, je m’aperçois que c’est pratiquement extrême comme milieu de vie. Les gens se fatiguent à prendre le bus, imaginez-les au travail lorsqu’il fait des températures excédant les 45°C.

Annie Larouche-Ouellet




26 février 2007, Mali

Alors ça y est! Aujourd’hui j’ai eu la confirmation, notre troisième reportage fait en Afrique sera entre vos mains d’ici peu. Quelle joie après tout ce stress! Je suis fière de notre dernière production malgré tous ces pépins qui sont survenus en si peu de temps.

Marie et moi allons très bien, nous nous remettons de nos émotions et prenons un peu de repos chez une petite famille formidable! ça fait du bien de se retrouver au cœur de la vie familiale après un long moment en appartement avec des blancs. Les jours avancent à une vitesse incroyablement rapide et nous sommes déjà en train de concevoir le prochain reportage. Par chance, celui-ci sera réalisé avec la caméra qu’un ami nous a rapidement fait parvenir du Canada.

Merci Martin Lépine!
Je vous reparle très bientôt.
Annie

DEMANDE SPéCIALE : J’aimerais recevoir des questions et des commentaires de votre part. ça me manque. Je suis ouverte autant sur le point personnel que professionnel.
Merci!




13 février 2007, Mali

Encore de Bamako
Ces deux dernières semaines furent assez éprouvantes… Je ne peux m’empêcher d’en faire un bilan, car écrit comme ça en liste, je trouve ça bien drôle…

Malgré tout, je vais assez bien… Plus ça va plus je prends ces malheurs comme des grosses farces parce que là ça n’arrête pas. Il faut voir le bon côté.

Il est temps de changer de pays. Il y a un gros festival de film à la fin février et j’ai vraiment besoin de ça. Un peu d’inspiration. D’espoir. D’art.
A bientôt
MP




30 janvier 2007, Mali

Salut à tous!
Je reviens à la civilisation après une petite semaine de maladie. Et oui, la malaria (paludisme est le mot français) a encore frappé. Par contre, cette fois-ci, ce n’était pas très grave. Maintenant, j’ai une vilaine grippe qui ne veut plus me quitter. Chose assez loufoque puisqu’il fait en moyenne 40 degrés Celsius dehors. Ce n’est que le début de la grosse saison chaude! Février et mars sont vraiment les pires mois… Pour le moment, l’équipe se prépare à quitter cette jolie auberge où nous avons passé plus d’un mois. Le moment est venu, car le centre-ville d’une ville africaine, laissez-moi vous le dire, ça demande beaucoup de jus (le bruit et la pollution oulalala). Donc, nous mettrons les voiles le 9 février pour le pays Dogon (dans l’est du Mali), une longue marche de 5 jours. D’ici-là, un ami, Vieux Ba de son prénom, a offert de nous héberger dans un quartier tranquille. Chez lui, il y a un gros manguier, l’air climatisé et tout pour que l’on se concocte nos plats préférés. UMMMMM!

D’ici-là, je vous souhaite une bonne semaine et vous invite à aller visiter les photos de l’auberge dans la galerie!

Merci de nous suivre aussi fidèlement.
Marie-Pierre




17 janvier 2007, Mali

Voilà, j’envoie quelques nouvelles photos qui vous permettront de glisser dans mon monde pour quelques instants. C’est fort ce que la technologie permet. êtes-vous conscients de cela? Je le jure, nous vivons des moments enrichissants ces temps-ci. Chaque jour, j’apprends, je vois, j’accepte, je refuse et j’appréhende tant de choses. Je commence à comprendre ce qui m’a guidée jusqu’ici. Cette terre est riche, ah oui!


LA MAMAN AFRICA est un monde si contradictoire qui a tant de choses à m’apprendre. Ici, les gens vivent avec peu! Je comprends de mieux en mieux la pauvreté, car elle est omniprésente ici. L’Afrique est une terre anciennement peuplée de nomades autarciques. Lorsqu’on y a imposé les frontières, les peuples ont été chambardés. Les ravages entraînés par ce phénomène sont forts, et je les ressens en voyant des ruptures familiales, des traditions qui s’envolent, des séparations d’ethnies, des désirs de vivre en Occident, la faim, le taux de chômage si élevé, les enfants qui travaillent… Pourtant, toutes les richesses y sont. Quand seulement j’ose penser à ses champs remplis de fruits et légumes, ses vieux sages qui rôdent à tous les coins de rue ou encore à toutes ses perles chassées dans les petits villages des pays voisins, oh, je me rends compte qu’il y a un passé si riche ici.

L’Afrique reste et restera toujours intègre malgré tout! Ses habitants sont forts, fiers, simples et conscients. J’ai confiance en eux. Le partage, l’hospitalité, le désir d’apprendre, le mouvement et la patience sont les vertus de mon savoir présent.

Par le fait même, je remercie la vie. Je fais un TOAST à la vie!
Annie




13 janvier 2007, Mali

13 janvier, Mali
Nous sommes toujours dans la ville de Bamako - le fait de s’établir pour un long moment (6 semaines) permet au voyageur de mieux connaître son milieu et ses réalités. Grâce à Ibrahim, un ami réalisateur, j’ai eu la chance d’en apprendre plus sur le cinéma bamakois. Saviez-vous qu’en 1980, ici dans la capitale il y avait plus de 20 salles de cinoche? Aujourd’hui, dû à la non rentabilité des salles, le gouvernement a décidé d’en vendre 19… Le Mali produit en moyenne 4 films par année, comparé aux états-Unis, qui en produisent plus de 200. Mercredi dernier, je me suis donc rendue à ce cinéma pour la première du film Bamako, fiction-documentaire réalisée par Abderrhamane Sissako. Ce film remet en question la présence des grandes organisations internationales en Afrique, comme la Banque mondiale, les multinationales de l’énergie et des pays comme les états-Unis et la Chine (de plus en plus présents). Le réalisateur se questionne à savoir où va l’Afrique et comment elle peut devenir plus indépendante des pays occidentaux. De plus, le problème de la dette est amplement traité, parce que, saviez-vous que la plupart des pays africains ont une dette, une dette de plusieurs milliards de dollars envers les pays du G8? Une dette que l’on désire supprimer puisqu’elle ralentit énormément le développement africain. Les Africains se battent pour qu’elle soit annulée.

Après le visionnement du film, je me suis interrogée sur l’avenir de l’Afrique et je ne peux qu’espérer qu’elle survive. En tant que Canadienne, je crois que pour les aider il faut arrêter d’encourager les multinationales qui chaque jour » nous mangent la laine sur le dos « autant à nous qu’aux Africains.


Sur ce, je vous souhaite une bonne journée à tous et vive le cinéma qui permet, partout dans le monde, de faire passer des messages d’une manière si efficace!
MP




7 janvier 2007, Mali


Yah yah yah!
Ah les amis, les journées, depuis notre arrivée à Bamako, ne cessent de m’épater, mais aujourd’hui, ouff… Je me suis rendue à la communauté Lassa dans les collines, à 20 minutes de la ville. C’était inoubliable! J’y ai rencontré des artistes rastas qui m’ont transmis une énergie très pure.

Premièrement, j’y ai écouté la musique « homemade » et j’ai jonglé avec quelques apprentis, ça faisait longtemps… Par la suite, nous avons brièvement discuté avec le président du mouvement des Rastafaris maliens. Il nous a invité à son émission radiophonique dimanche prochain! En continuant la route, nous nous sommes rendues chez Ballasky, gestionnaire de l’atelier d’art naturel Ballakissa Arts. Là-bas, ils fabriquent des tissus traditionnels appelés BOGOLANS. C’est du coton brut qui est teint à la main avec de l’argile et plusieurs autres plantes. Tout ici est un hymne à la nature : tissus, teintures, couleurs… Toute œuvre qu’ils proposent est unique, authentique, entièrement réalisée à la main, et 100 % naturelle. Le tout, dans une atmosphère complètement déconnectée de la société! Ils ont leurs jardins et vivent avec un minimum de matériel. Ils accueillent les étudiants en plus! Allez voir leur site : www.bogolan.net. Ah, nous avons terminé notre visite de Lassa par une petite marche qui nous a menées au sommet de la montagne. Nous avons pu voir Bamako de haut. C’est surprenant, mais Bamako est vraiment une ville verte. Par chance car il y a tellement de pollution ici.

Pour bien terminer ma journée, imaginez-vous donc que j’ai reçu un appel qui m’a vraiment surprise. Radio-Canada International! Et oui, j’ai effectué une entrevue pour Tam-tam Canada qui sera diffusée lundi ou mardi (8-9 janvier) au Canada, en Europe et en Afrique. ALLEZ VOIR L’éMISSION TAM-TAM CANADA SUR LE SITE DE RCI. Vous l’écouterez et m’en donnerez des commentaires. D’autres entrevues viendront peut-être…

J’apprends pleins de belles choses ces temps-ci, c’est cool! Je crois que nous sommes dans une belle période. Nous commençons à être très bien adaptées et les gens le ressentent. Lorsqu’on nous accueille, on ne nous perçoit pas seulement comme des touristes, on nous accueille comme des collègues de travail humanitaire, ça fait tellement de bien!

Ma santé va bien, nous mangeons bien, nous sommes bien logées (nous avons aménagé en haut d’une auberge pour le mois, c’est formidable) et les Maliens nous respectent comme si nous étions leurs sœurs!

Vive la vie et vivons-la à fond!
Amita (mon nouveau nom malien…)




27 décembre 2006, Mali

Alors voilà, moi, ça va très bien, je suis rendue à Bamako, la capitale du Mali, et c’est ici que j’ai célébré Noël. Très relaxe, pour le réveillon, j’ai dansé un peu les danses traditionnelles sous les rythmes des tam-tams et des chants religieux à l'église protestante. C’est quand même très fêté Noël ici, même chez les musulmans. Bon, toutes les occasions sont bonnes pour faire la fête! Mais sans vous le cacher, ici, la fête veut dire bien s’habiller et manger le plus possible, pas vraiment plus. Comme chez nous, finalement. Le plus important est principalement d’être avec les gens qui nous sont les plus chers. Sinon, et bien il ne se passe pas beaucoup de choses, sauf si tu es dans une famille de musiciens ou que tu es à l’église et qu’il est rendu 2 h du matin… Pour dire vrai, ça peut être très long par moments. J’ai eu la chance de célébrer quelques heures du 25 décembre avec des Dogons. C’est un peuple très simple qui respecte encore, pour la plupart, leurs traditions.

Côté vidéo, ça va bien. J’ai subi un stress spontané à cause d’un problème technique, mais Marie a su restée bien zen, une chance. Notre reportage, ARTISTES, sera entre vos mains ou sous vos yeux bientôt! Je me rends compte, avec du recul, que nous avons vraiment fait des belles rencontres au Sénégal, malgré le fait que cela nous ait pris énormément d’énergie.

Après déjà trois jours, je vois une réelle différence entre le Sénégal et le Mali. Les Maliens sont généralement plus doux et nous prennent moins pour des étrangers. C'est beaucoup plus calme ici. Nous avons fait de belles rencontres qui faciliteront le travail pour notre prochain reportage! Vive les échanges et les humains évolués!

Mes amis je vous souhaite pleins de belles choses, COURAGE!
Annie J




15 décembre 2006, Sénégal

Cela fait plus de 10 jours que nous avons quitté la civilisation pour la VRAIE brousse, la Casamance. Je l’avais longtemps attendue celle-là. La Casamance est la région la plus au sud du Sénégal. C’est ici que l’on trouve le plus de ressources naturelles, c’est une région tropicale et c’est aussi ici que se trouvent les plus grands artistes traditionnels du pays! Croyez-moi, nous sommes très bien servies jusqu’à maintenant. Percussionnistes, danseurs, teinturiers… la liste est longue, je le sens. Nous terminerons notre voyage dans la région avec un carnaval de danse et de musique traditionnelles à Ziguinchor, la plus grande ville ici.

Quant au reportage, il avance, nous sommes sur la bonne voie. Je sens que Marie va commencer à angoisser bientôt, les nuits vont être courtes pour finir le reportage ARTISTES.

Mon moral se porte très bien depuis mon passage à Abéné, village le plus sympathique que j’aie jamais vu de ma vie. Là-bas, j’ai vraiment confirmé ma passion pour les arts de l’Afrique de l’Ouest! Je crois que je devrais revenir pour une formation intensive de plusieurs semaines! Ils m’attendent avec impatience! Djembé, danse et cirque, j’y ai trouvé mon maître privé. Si vous voyiez… Ah, un petit village qui n’a toujours pas d’électricité, à un km de la plage, où une personne sur deux est artiste et qui en plus, produit des tonnes de fruits! Wow, il fait chaud mais pas trop, vous voyez le genre??? En tous cas, c’est beau de rêver, mais je vous jure qu’on a découvert un petit paradis.

Bon, je dois aller dormir car il est très tard! La musique m’attend demain, je sais que nous allons avoir des belles choses à vous montrer.
À bientôt mes petits préférés!
Annie




5 décembre 2006, Sénégal

Cher Collègues,
Je suis sur le point de quitter Dakar, après 2 grosses semaines de luxe, à vivre au studio de Fatou, la grande artiste!
Nous devions partir y’a 5 jours, mais au moment de mettre nos sacs à dos, la maladie a frappé Annie : la malaria. Chose qui, aujourd’hui, me semble assez souffrante. Par chance, si tu prends bien les petites pilules du pharmacien, cette agonie ne dure que quelques jours! Là, elle va mieux et c’est jour de départ. Ça me fait toujours un petit pincement au coeur de quitter un endroit où je me sentais chez moi. Et maintenant, ce qui m’attend, c’est l’inconnu... Quinze heures de bateau pour me rendre en Casamance, région au sud du pays. Là-bas, on dit que c’est vraiment plus sauvage, dans la brousse, avec plein de fruits, de noix de coco et d’arachides. En plus, j’ai lu dans le journal que les 14 et 15 décembre, il y aura un carnaval culturel dans la plus grosse ville de la région, Ziguinchor!!! J’y serai, si Dieu le veut!
Le petit chat qui nous accompagne depuis le début du Sénégal va bien. Par contre, précisons qu’ici le chat est vu comme le rat au Canada, donc la plupart des gens ne l’aiment pas et trouvent qu’il a l’air déficient. Peu importe.
Je vais bien, ma santé aussi. Hier, j’ai cuisiné des pâtes gratinées au fromage suisse, c’était le désir de convalescence d’Annie. Repas copieux qu’elle a vomi par la suite...
À bientôt,
MP
XX




25 novembre 2006, Sénégal

NOTRE INTÉGRATION

Ça y est, 10 jours déjà et je vous rassure, je commence à aimer la ville! Dakar, capitale du Sénégal, est la plaque tournante des artistes du pays et des pays environnants. Comme notre reportage porte sur les arts, croyez-moi, nous sommes bien servies! Je vous garantis que le thème des arts nous permet de rencontrer des artistes vraiment intéressants et épanouis dans leur profession. Taggueurs, couturiers, rappeurs, acrobates, metteurs en scène, comédiens, cinéastes, guitaristes, conteurs, peintres, sculpteurs, et même poètes, nous en avons rencontrés. Enfin, ce n’est pas toujours évident de les suivre dans leur rythme de travail mais nous tentons de vivre avec eux quelques moments intenses de leur métier. Des ghettos de la médina aux quartiers les plus riches, nous explorons et découvrons la vie quotidienne de cette grande ville qui, d’ailleurs, me rappelle étrangement Montréal.

Et NoUS, ComMeNt aLLoNs-NouS?

Le duo de La Traversée Philanthropique en Afrique se porte bien, mentalement, physiquement et professionnellement parlant. Nous formons tout un duo. Hier justement, je devais décrire nos rôles au sein du projet. J’ai simplement expliqué que Marie avait les yeux et moi la bouche, c’est ainsi que cette belle complicité nous permet de nous auto produire. Notre compagnon de voyage, Mouss Diop, adore nous suivre à travers nos périples. Les gens nous trouvent parfois étranges de trimballer un chaton avec nous. On leur répond que nous faisons de la zoothérapie. Mine de rien, il nous donne un peu d’amour puisque nous sommes comme ses mamans.

PETIT PROBLÈME TECHNIQUE...
Oyez! Oyez! Notre caméra photo numérique nous a lâchées... Puisque nous travaillons avec cet outil pratiquement tous les jours nous sommes vraiment attristées. Je lance donc un avis communautaire : «Nous sommes présentement à la recherche d’un donateur d’un appareil numérique, minimum 6 méga pixels.»

Chers lecteurs, dites à vos amis de venir nous visiter grâce à notre super site Internet, vive la technologie! Écrivez-nous en grand nombre, nous aimons ça!

Layguy layguy (À plus! En wolof)
Annie




20 novembre 2006, Sénégal

Nous sommes à Dakar!

Le voyage s’est bien déroulé. En fait, ça n’a pas été compliqué du tout. Notre partenaire était à Mbour alors elle nous a directement emmenées à son atelier, dans le quartier des riches! Ouh là, je te jure ses parents sont des diplomates à la retraite et elle est une des artistes les plus actives que j’aie rencontrées de toute ma vie! Cinéaste, photographe, écrivaine… elle court dans tous les sens. Elle sera à Amsterdam vendredi et nous laisse sa deuxième maison pour deux jours. Sa maman nous prépare des repas gastronomiques, comme dans les livres de cuisine, et le gardien est très sympa, je déguste le thé avec lui! Demain, nous quitterons pour aller à son atelier, au village des arts que nous avons visité aujourd’hui! Je vous le jure, on y retrouve les artistes les plus célèbres du pays… Chacun a sa spécialité, surtout la peinture et la sculpture et ils vivent à 45 dans une espèce de commune fermée en plein milieu de la ville. Certains y restent pour dormir et d’autres l’utilisent, le jour comme la nuit, comme lieu de création. Il reste à voir ce qui viendra… Cette femme est extraordinaire, elle est tellement intelligente, sûre d’elle et engagée socialement et artistiquement! Elle nous formera à son retour, elle veut vraiment nous aider et partager son expérience pour notre capsule du reportage! C’est intense! Je dois tomber en mode de création!

Ah, je vous le jure, elle est étrange cette vie et, sincèrement, je la remercie! Comme plusieurs nous l’on dit : une belle étoile est avec nous! Il y a deux semaines, je me faisais escroquer par un faux guide et maintenant je suis comme une reine dans sa suite… Faut croire que nous méritons ce que nous avons!

Je suis heureuse d’être dans un état de tranquillité et de stabilité. Après toutes ces émotions et ce voyagement, je me mets à la production et à la création. Je sens l’inspiration monter en moi, c’est bon. En espérant que nous trouverons des artistes qui sauront coopérer avec le projet. Aujourd’hui, c’est tranquille. Nous devons nous remettre à jour dans tous nos dossiers. Par la suite, Fatou, notre hôtesse, viendra nous prendre pour aller visiter le village des arts de Dakar. En soirée, j’ai demandé à rencontrer une danseuse de danses sacrées, la danse traditionnelle. Je veux bien m’y initier.

Sans vous le cacher, les derniers jours ont, à leur manière, changé ma vie. Émotionnellement, j’ai subi un choc. Par chance, l’entourage a fait en sorte que j’ai rapidement repris mes esprits! Sandiara, village où j’ai vécu durant 3 mois en 2003, a réellement pris de l’importance dans mon cœur. Ma famille, mes collègues de travail et mes amis ont vraiment su me faire confiance et partager l’amour intègre qu’ils partagent pour moi.

A tous, je vous le jure que je suis heureuse de réaliser ce grand rêve qui n’est plus un rêve mais une réalité, l’histoire d’une vie! J’ai, heureusement, la chance de partager avec les Africains quelques réalités choquantes qui règnent sur la terre et principalement sur cette terre mère. Je rencontre de plus en plus de gens ouverts d’esprit qui me permettent de partager ma philosophie et la leur, quel bonheur.

Je dois vous laisser, nous avons beaucoup de travail technique à rattraper. J’aime recevoir de vos nouvelles, mes amis les plus fous!

Annie




17 novembre 2006,Sénégal

Aujourd’hui, je suis à Dakar, dans un loft à l’occidental au milieu d’un quartier de diplomates.

C’est l’atelier d’une artiste admirable, présentée grâce à un contact du Canada. Fatou est réalisatrice, écrivaine, photographe, infographe, visionnaire, maman, sénégalaise. Femme remplie de savoir et de beaux projets, elle m’éblouit profondément… Vouée aux voyages et à l’échange artistique interculturel, elle nous prend sous son aile pour notre séjour ici. Par chance, car Dakar est réputée pour être dure envers les touristes…

Sinon ça va, la santé est bonne, comme la bouffe. Les gens m’apprennent à être plus sociable, à ne pas regarder le temps. À vivre sans l’eau courante puis à ne pas en faire un drame, à vivre avec une panne d’électricité pendant une journée, et puis de faire comme si c’était normal.

J’ai beaucoup de difficulté à mettre en mots tout ce qui nous arrive, mais je le tente.

Je préfère l’image.
Au plaisir d’avoir de vos nouvelles.

MP




16 novembre 2006, Sénégal

Hommage à Mor Mbaye

Il y a Trois années, j’ai voyagé pour la première fois à l’extérieur du Canada.  C’était au Sénégal.  Le pays de la teranga* comme vous diront les fiers Sénégalais.  Provenant d’une culture opposée, la teranga je ne la comprenais pas toujours.  Par contre, c’est grâce à la sincérité et au partage familial que j’ai appris à comprendre les Sénégalais.   Mon voisin Mor partageait souvent ses connaissances morales, politiques, culturelles et même philosophiques avec moi. Souvent, nous échangions et apprenions à se connaître!

Le 12 novembre dernier, j’étais de nouveau à Sandiara, mon village adoptif.  J’ai aussi eu l’honneur de venir saluer un bon ami, Le Grand Mo Mbaye avant son décès.  J’ai subi un énorme vide ce jour-là.  Je salue Noumbe, et ses deux petites filles, sokna Annie et Ami.  Mor est maintenant avec nous tous dans nos cœurs. 

Aujourd’hui, je quitte Sandiara dans l’espoir d’y retourner.  C’est aussi avec honneur que j’accepte d’être la marraine de la petite Sokna Annie Mbaye, mon homonyme.  La fille aînée que Mor avait nommée comme moi…

Paix et amour
Annie

* Teranga : Accueil et hospitalité sénégalaise.




15 novembre 2006, Dakar, Sénégal

Très chers amis.
Je suis en pleine vie, après une émouvante semaine dans la région de M’bour au sud de Dakar…
Attachez vos ceintures, on part pour Sandiara, village ou Annie a séjourné 3 mois en 2003. Cette expérience fut pour moi une première immersion dans une famille polygame de village de brousse. Une maison avec environ 20 enfants et plein de gens, c’est toujours un choc!

Malheureusement, le papa sympathique chez qui nous vivions est mort dans un accident de bus une nuit où je dormais paisiblement. Cela m’a marquée profondément puisque je n’avais jamais vécu la mort d’aussi près. Le lendemain matin, déjà la cérémonie. Je n’ai pas pu rester à la maison, j’ai donc passé la journée au jardin d’enfants, où je me suis amusée à peindre l’alphabet sur le mur.

J’aurai laissé ma trace dans ce monde où tout finit par disparaître…
Question de se changer les idées, on quitte le village avec deux bons rappeurs, dont le petit frère sénégalais d’Annie. Objectif : tourner une capsule vidéoclip avec eux. …. Le concept-entrevue du type musique plus, je me suis amusée à faire l’animatrice… Ça promet.

MP




5 novembre 2006, Sénégal

On peut lire un article sur la Traversée au : www.nouakchottinfo.com

Bonjour à tous,
J’ai une bonne nouvelle. Notre premier reportage est présentement dans l’avion, en route vers Montréal! Nous l’avons envoyé, comme prévu, le 2 novembre, et tout ce qui est du montage vidéo s’est bien déroulé! De plus, si vous voulez le voir, ne vous gênez pas pour contacter Francis Paris au 514-954-0308. Il est même en train de préparer une diffusion publique dans la région montréalaise. Nous sommes en bonne santé. Le site Internet, lui, va mal, je me dis que d’ici un mois, ça devrait se replacer… Le webmestre est déménagé!

Mais bon, hier, nous avons voyagé dans la deuxième plus grande ville du Sénégal, Thiès. Ici, nous sommes hébergées chez un partenaire que nous avions depuis Montréal. Malheureusement, il est à Montréal, mais son neveu est à sa maison, donc il nous prend en charge. C’est merveilleux! Il a réuni plein de ressources relativement au sujet que nous traitons, soit : l’art contemporain et traditionnel. Pendant les deux semaines, nous devrions visiter une école de danse, une manufacture d’objets de décoration, un groupe de musique BENBOB (une tête), le village des artisans, et une association de formation professionnelle (pour le reportage sur l’éducation).

On se reparle bientôt, et ne vous gênez pas pour me donner des nouvelles de vos vies… Parfois, ça me manque!
Deux mois déjà… oula la je vous jure que c’est bon quand ça se passe bien comme en ce moment!

Soyons unis et forts.
Annie




3 novembre 2006, Sénégal

Désertique énigmatique Mauritanie
Ah! Comme le sable a sablé
Ah! Comme la sueur a coulé
Ah! Tant de mouton j’ai mangé
Ah! Tant de fesses j’ai vu danser
Trois jours passés avec des scouts
Au beau milieu de la brousse
Avec eux, je n’avais pas la frousse
Sauf peut-être des grosses mouches

Sept jours ont passé et nous avons l’impression d’avoir vu se dérouler une éternité. Comme le vent pousse dans nos voiles, nous avons eu la chance de rencontrer Bekaye Teyah, responsable de l’association francophone de Nouakchott. Rapidement, lui et le président de l’association des scouts nous ont invitées à nous joindre à une grande caravane qui sensibilise les jeunes à l’importance de la démocratie. Vite fait, bien fait, nous avons pris quatre jours pour faire avancer le montage vidéo, faire une entrevue avec la Radio Jeunesse de Mauritanie, rencontrer le rédacteur en chef de Nouakchott Infos et bien sûr, bien faire les valises pour traverser le sud du Sahara occidental en car rapide.

Durant cette grande caravane, trois jours ont suffi pour nous causer un vrai choc culturel, positif assurément!
Voilà ce qui était au programme :

  • trois soirées de sensibilisation, donc trois fêtes, dans trois villages très accueillants;
  • 40 scouts âgés entre 18 et 30 ans;
  • sept moutons égorgés, grillés, mangés et digérés;
  • des moustiques, des sauterelles, des coquerelles et des insectes de toutes sortes en quantités industrielles;

musique, danse et sourire!
Annie et Marie-Pierre




1 novembre 2006, Sénégal

Très chers collègues du canada, ou d'ailleurs,
C'est avec grand plaisir qu’aujourd’hui je prends la peine d’écrire. Je ne donne pas beaucoup de nouvelles, mais c’est l’intention qui compte.

Après deux semaines incroyables en Mauritanie, Annie et moi avons pris la route du Sénégal. Sur notre chemin, nous avons rencontré un groupe de 40 scouts en tournée nationale dans le but de faire de l’éducation à la citoyenneté.

Nous avons été avec eux pendant quatre jours, j’ai bien rigolé. Ça m’a fait penser à un gros camp de vacances en expédition de camping. Je me suis retrouvée dans des villages vraiment reculés où, pour la première fois, j’ai vu des petites cases africaines, vous savez les maisons rondes avec toit de paille.
Wow!

Je suis présentement à St-Louis, ville coloniale, ancienne capitale du pays. C’est beau. La ville est entourée d'eau et pleine de couleurs.
Les gens sont vraiment accueillants. Parfois, c'est juste pour obtenir de l’argent, mais en général, ça va.
Hier, j’ai terminé le premier reportage en terre africaine, c’est un grand soulagement et j’espère que vous aurez la chance de le voir d’ici trois semaines.

Il devrait y avoir une diffusion publique, à Montréal, genre à la Grande bibliothèque ou à l’UQAM. Vous y serez attendus.

Aujourd’hui, c’est la Toussaint, une fête catholique où les hommes se déguisent en femmes et vice versa.
Ha! Ha!
Dans deux jours, je bouge vers Thiès, deuxième ville du pays.
Des gens nous attendent là-bas pour commencer le reportage qui portera sur les arts traditionnels et contemporains.

J'adore avoir de vos nouvelles!

MP qui va bien bien.




17 octobre 2006, Mauritanie

Ce n’est que le soir que je peux me permettre de marcher jusqu’au cybercafé. La chaleur durant la journée étant insupportable, je dois me résigner à faire du montage vidéo à 2 pouces du ventilateur. Le Maroc c’est fini! Nous avons parcouru plus de 2 500 km en 5 jours pour nous rendre à la capitale de la Mauritanie : Nouakchott, ville où la chaleur est folle!!!

La traversée s’est bien passée : 2 voitures, 2 Canadiennes, 2 Françaises super sympathiques et 2 conducteurs français, dont un portait la coupe Longueuil jusqu’aux fesses! Nous avons eu bien du plaisir. Hier, j ai compris que ça faisait un mois que j’étais là et qu’il était bon de changer de pays. La Mauritanie est un pays culturellement très diversifié. La preuve, c’est que dans la même journée j’ai mangé aux restos chinois et belge, ummmmm.

Je consacrerai le reste du mois au montage du premier film : L’adaptation. Jusqu’à présent, aucun bogue et cela relève du miracle (sauf pour les photos que j’ai tenté d‘envoyer).

Nous logeons à l’Auberge Sahara, établissement inspirant où plein de bonnes personnes passent. Il y a même une belle cuisine, l’eau chaude… et de beaux sièges de toilettes!

Donc je pense à vous et je me dis que la vie va vite en sapristi, alors amusons-nous pendant que nous le pouvons encore!

À bientôt,
Marie-Pierre




15 octobre 2006, Mauritanie

Bonjour les amis!
Comment allez-vous? J’ai entendu dire qu’il commençait à faire froid au Québec, c’est vrai? Moi, ça va bien, j’ai tellement chaud! Ici, c’est extrême, il doit toujours faire plus de 40 ou 45 à tous les jours. La nuit, nous dormons avec un ventilateur dans le visage. Entre 12 h et 16 h, pas question de mettre le pied à l’extérieur.

Sinon, et bien je suis là avec des Françaises très sympathiques dans une auberge, style auberge de jeunesse, très accueillante. Nous sommes installées ici pour y travailler pendant au moins deux semaines. Ici, en Mauritanie, la vie coûte passablement cher. Puisque nous sommes en plein cœur d’un environnement désertique, tout, ou presque, est importé, fruits, légumes, riz, condiments, breuvages… c’est vraiment particulier. Ce qui est bien, c’est que ça nous force à trouver moins cher dans les petits marchés, et connaître la réalité des gens plus pauvres.

Nouakchott est la capitale de la Mauritanie, mais aussi la capitale des ethnies. Si on y trouve surtout une majorité d’Africains en provenance des pays de l’Ouest, il y a ici une variété d’habitants incroyable, des Camerounais aux Libanais en passant par les Chinois. Je peux quelquefois pratiquer le wolof en me baladant dans les rues. C’est fantastique! Ça nous inspire pour faire un reportage sur le sujet.

Mes yeux sont fous de joie, il y a plein de nouvelles choses à découvrir et à photographier!

Côté bouffe, c’est particulièrement intéressant. À cause de la chaleur, nous mangeons deux repas seulement par jour, ça suffit. Donc, je cuisine un plat pour le lunch, et le soir nous allons chez une Malienne en face de l’auberge, elle cuisine très bien. Ainsi, mes papilles gustatives palpitent de joie, c’est tellement bon!!!

Alors voilà, je vous salue.
Au revoir!
Annie




13 octobre 2006, Mauritanie

Bonjour les amis!
Nous allons très bien. Nous sommes enfin arrivées en Mauritanie dans la capitale. En plus, nous sommes dans une superbe auberge, très inspirante d’ailleurs! C’est vraiment tranquille. Marie attaque de son bord le montage et moi la logistique. Nous avons quelques trucs encore à filmer, mais ça va. Tout devrait être prêt vers le 25 octobre, Inchallah. Je crois que vous serez ravis par la simplicité et la beauté des images du film. Sinon, et bien on se reprendra au Sénégal. Nous sommes présentement très conscientes du boulot que nous avons et sommes en état de « RUSH » à l’africaine.

Bon. Passons aux choses sérieuses.
Entrevues radios et autres :
Nous serons sur les ondes de CIBL 101,5 FM samedi. Écoutez-nous.
Ne capotez pas trop, c’est la vie comme le dit la chanson que j’écoute présentement.
Marie va bien, moi aussi, et nous sommes sur la bonne voie!
Bon matin!

Annie




12 octobre 2006, Mauritanie

À la conquête de la Mauritanie
Nous venons d’effectuer 1 700 kilomètres de route. Dakhla, « dernière ville civilisée du Maroc » comme le dit Assis, est la ville où nous avons rencontré nos compagnons de route. Deux fous français, vendeurs de voitures, nous ont offert un transport accompagné de deux Françaises, une écologiste et une infirmière. Ainsi, nous avons voyagé, parfois insécures, parfois fois le cœur réjouit. Nous avons finalement traversé ce grand désert, le Sahara. C’est en observant les décors, le rythme de vie beaucoup plus lent, le changement drastique de la pratique religieuse, les tenues vestimentaires et la pauvreté que nous nous sommes senties dépaysées et bien loin de la maison.

Fières d’être en Afrique, nous sommes enfin à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie. Nous sommes maintenant installées dans une jolie auberge pour le reste du mois, en période de montage vidéo.
Un mois déjà les copains! Les premières images arriveront bientôt…

Salam aleikoum!
Annie et Marie-Pierre




3 octobre 2006, Maroc

MAROC : Terre de contrastes et de traditions

Au moment où vous lisez ces lignes, je commencerai ma traversée du Sahara en direction de la Mauritanie. Arrivée au Maroc il y a plus de 4 semaines, je peux confirmer que ce pays est un lieu où il est facile de voyager.   Bien que j'y aie rencontré des gens extraordinaires et vu des paysages incroyablement variés, de la montagne, à l'océan en passant par le désert, c'est à coeur réjoui que je quitte cette terre de contrastes et de traditions.

Saviez-vous que plus de 95% des Marocaines et Marocains pratiquent la religion islamique?   Tout d'abord, je dois spécifier que mon séjour ici concorde parfaitement avec la célébration la plus importante des musulmans, le Ramadan.  Ceci est un jeûne de 1 mois empêchant tous les   pratiquants de boire, manger, fumer, se maquiller et avoir des relations sexuelles du lever au coucher du soleil. Ma première interrogation fut évidemment de savoir pourquoi priver son corps de toutes ces choses durant un mois?  

Les pratiquants le font pour réaffirmer leur lien envers leur dieu « Allah ».   Qui, soit dit en passant, n'est pas un événement sans conséquence.   Durant cette période, j'ai trouvé une population plus impatiente, plus agressive et, surtout, plus lente. Le rythme de vie est complètement bouleversé.  

Par contre, quand vient le temps de rompre le jeûne, vers 18h30, c'est une grande fête où tout le monde est solidaire.   Chacun prend le temps de bien reconnaître la valeur de l'eau et des aliments méticuleusement préparés par les femmes durant la journée!  

Contrastes, traditions et pratiques islamique, c'est ce que je retiens du Maroc. Terre où le touriste est Roi et très convoité.    Il faut sortir des sentiers battus pour connaître le réel quotidien des habitants marocains. Ce pays est d'une incroyable variété, tant sur le plan culinaire, géographique qu'historique.   Il est sûr que chacun peut y vivre une expérience enrichissante et propre à lui-même. Quant à moi, j'y garde le souvenir de gens extrêmement accueillants, qui, au travers de leur religion, souhaitent un monde meilleur et en paix.

Marie-Pierre




21 septembre 2006, Maroc

À cette même date, il y a trois années déjà, je quittais mon Amérique pour la terre africaine.   Me voilà de retour et bien fière de l'être!   Rapidement, je reprends le rythme du continent et j'admire les moeurs et les traditions.

À Marrakech, une semaine a passé et j'ai l'impression que cela fait un mois tellement je me sens chez moi. La belle énergie qui règne autour de Marie et moi nous intègre rapidement.   Il ne faut pas cacher que quelques contacts via le Canada nous ont facilité le travail.   Deux jours à l'hôtel ont suffi pour comprendre que nous méritions une place dans une famille!   Ainsi, une famille de banlieue, un peu aisée, influencée par l'Europe et mélangée aux traditions de leur région, nous a accueilli en échange d'une minime contribution monétaire.

En allant visiter une maison de la jeunesse, semblable aux maisons des jeunes de chez nous, nous avons rencontré Nadia, une étudiante de 19 ans, cultivée, qui parle un français pratiquement impeccable.   Cette jeune fille, ses copines et son petit frère nous aideront pour notre reportage sur l' Adaptation . D'ailleurs, je dois vous dire que depuis déjà deux jours, nous vivons avec la famille de Nadia.   En tout, nous sommes 11 personnes à la maison.   Avec eux, je me sens tellement bien.   Nous rions comme des fous et ils prennent soin de nous comme de leurs propres enfants.   Ainsi, nous pouvons pratiquer l'arabe, la langue parlée par tous les Marocains, et goûter aux bons plats cuisinés par la maman.

À la une :

  • Tout le monde se prépare à débuter le Ramadhan, un jeûne qui durera un mois chez les croyants musulmans.   
  • Les jeunes courent en fin d'après-midi dans les souks (marchés) pour s'approprier leurs effets scolaires puisque l'école vient de débuter.  
  • Hier, nous avons découvert les « hammams » (bains maures ou saunas).   C'est un lieu de rassemblement très commun pour tous les marocains, femmes ensembles, hommes ensembles.   Ce lieu est un grand bain public pour se laver avec des eaux très chaudes.   Moment de détente assuré!

Sur ce, je vous dis au revoir chers lecteurs.
Choukran (merci en arabe)!
Annie




14 septembre 2006, Maroc

Bonjour les amis! Comment allez-vous?

Moi, je suis là pour le moment et physiquement, je vais bien!   Et si je te racontais mon voyage. Voilà, nous sommes parties comme prévu de Montréal.   Quand je suis sous l'effet du stress du départ, il n'est pas évident de gérer à la fois la famille et les amis...Que d'émotions !

Sinon, eh bien Allan est venu nous chercher à l'aéroport pour une courte balade.   Un petit thé anglais et nous revoilà aux douanes ! C'est la folie, on ne peut plus rien avoir avec nous dans l'avion sauf un sac 2 fois grand comme mon petit sac mauve.   Ils détiennent le contrôle sur tous les gens qui arrivent dans leur pays.   J'étais un peu en colère de voir ça!

Finalement, je suis montée dans l'avion.   Nous n'avons rien vu de l'Europe et tout à coup... Hop! Dans le sud de l'Europe, tout s'est dégagé. C'est ainsi que l'Afrique m'a saluée.   Quelle beauté ! J'étais folle de joie et en même temps, j'ai réalisé que c'était maintenant VRAI.   L'ami de Nabila est venu nous prendre à l'aéroport et nous a conduites vers un petit hôtel du centre-ville, histoire de se reposer.   Marie a commencé à tousser comme moi et toi.... J'espère que tout ira bien.   Sinon eh bien tout s'est bien déroulé.   En soirée nous sommes sorties au centre (Plaza de armas) Oulllllaaallaaa !! C'est la folie totale ! Il y a tellement de gens le soir !   Des femmes voilées et en habits traditionnels, des pauvres, des touristes, des enfants quêteurs, des arnaqueurs qui veulent tous nous parler pour soit simplement nous draguer, nous vendre des trucs ou encore nous faire manger dans leur restaurant.   Ici, des touristes il y en a!   Cela créé une grande différence lorsqu'on est blanc.   De plus, ils ont un sixième sens et détectent immédiatement quand quelqu'un vient d'arriver. On dirait que c'était écrit dans mon visage.

Suite à cette courte balade et une bouchée, je suis allée me coucher.   La tente montée sur le lit double.   C'est parfait!  

Si je continuais!   En me fermant les yeux, j'ai réalisé tout cela et j'ai eu une crise de stress!!! Je crois que c'est la fatigue, la création vidéo, le matériel et le fait d'être séparée de David qui à créé tout ça!   Marie m'a prise par la main et je me suis finalement endormie.   Émotionnellement, je suis encore aujourd'hui très fragile. Je pense beaucoup à mon amoureux et j'essaie de visualiser comment je peux faire la coupure et bien vivre le détachement!    Azak, un ami, nous a dit que 3 à 4 jours devraient faire le travail!

Hé mes amis, je vous laisse parce que je crois que je vais aller jongler, histoire de me changer les idées!!!



Merci d'être avec moi, je vous aime beaucoup et vous le savez!
Annie




8 septembre 2006, Montréal (Qc)

« Il faut sortir de chez soi pour provoquer la vie. »

  Vincent Vallières

Le décompte est commencé!

Moins de cinq jours en terre canadienne avant le  grand départ pour  l'Afrique. Depuis le soirée bénéfice du 21 août dernier (qui fut un franc succès) nous concentrons nos efforts sur la promotion du projet.

Nous serons à l'émission Plus sur commande de Musique Plus le vendredi 8 septembre, ainsi que dans les magazines Filles, Clin d'oeil et La voix du succès d'octobre 2006.

Ça fait quand même drôle de partir dans quelques jours... Après plus d'un an de préparation, il est assez étrange, mais tant agréable de voir ce rêve se concrétiser. Ni l'une ni l'autre ne savons  ce qui nous attendra en débarquant de l'avion le 13 septembre. Par chance, l'amie marocaine d'une amie québécoise nous accueillera à l'aéroport de Marrakech, ce qui facilitera notre intégration à la ville et au pays.

Ensuite, c'est l'inconnu et l'aventure qui nous attendent.

Les prochaines nouvelles vous parviendront donc du Maroc, D'ici là, merci de  nous suivre en si grand nombre

Salut!
Marie-Pierre et Annie




17 Août 2006, Montréal (QC)

Bonjour à tous et bienvenue sur ce nouveau site!

Comme vous le savez peut-être, le Projet Canada-Afrique  prendra son envol le 12  septembre prochain, dans un avion à destination de Marrakech, au Maroc. C'est avec beaucoup d'excitation que nous attendons cette date et les préparatifs de dernière minute vont bon train, mais s'accumulent à chaque jour!

Le Maroc nous accueillera donc durant  54 jours. Le premier  reportage vidéo produit  en terre africaine traitera de l'adaptation. Comment 2 canadiennes s'habitueront-elles à l'Afrique, à un autre climat, une autre religion et surtout, une autre culture?

Étudiants, vous aurez la chance de nous voir dès septembre, dans le reportage Prototype qui fut tourné à Montréal, puis en décembre via le Maroc.

Commanditaires et nouveaux diffuseurs, il est toujours temps pour vous de vous joindre  à cette extraordinaire aventure, qui ne fait que commencer!

Prenez note qu'il y aura une soirée bénéfice , le 21 août prochain, à la Galerie Dominique Bouffard, 1000 rue Amherst à Montréal. Un Cocktail, de 18 à 21 heure vous y attendent . Au menu, Buffet, projection du Prototype, musique d'ambiance du guitariste Francis Paris, vente d'articles promotionnels ainsi que spectacle de Joanne Griffith, marraine du projet Canada-Afrique! Nous vous y attendons!

Sur ce , bonne rentrée scolaire à tous et nous vous invitons à visiter ce site  régulièrement. Nous le mettrons à jour toutes les 3 semaines et ce, directement de l'Afrique, toujours avec de nouvelles photos plein d'aventures à raconter.

Au plaisir

Annie Larouche-Ouellet
et Marie-Pierre Savard